charge mentale

Charge mentale, énergie et mode de vie plus vert : rester écologique sur toute la ligne

Le moins qu’on puisse dire, c’est que ces derniers mois ont été mouvementés.

On lit parfois que passer à un mode de vie plus écolo ou zéro déchet n’est pas si compliqué. Juste un petit ajustement, pas la mer à boire. Mmmoui… ceux qui le disent ont dû oublier.

Moi qui suis en pleine phase de rôdage, je peux vous dire que ce n’est pas un long fleuve tranquille. Rôder l’alimentation, les courses, les nouveaux produits d’entretien et d’hygiène, trier les infos, se renseigner… J’ai l’impression qu’à chaque détour d’habitude, il y a quelque chose à remettre en question et à changer. Table rase, on efface tout et on recommence.

Pour compléter le bilan « checklist », j’avais envie de revenir sur mes deux plus gros défis de ces premiers mois (figurez-vous que ces dernières semaines sont justement celles qui ont vu l’apparition d’une foultitude de cheveux blancs sur mon crâne. Coïncidence ? Je ne crois pas).

A commencer par le premier : gérer énergie et charge mentale.

Une démarche chronophage

Enfonçons une porte ouverte : la transition vers un mode de vie plus vertueux, ça demande de l’énergie. Beaaaucoup d’énergie. Et du temps. Beaaaucoup de temps.

Parce que qui dit réduction des déchets, dit faire un maximum soi-même, les repas comme les produits divers du quotidien.
Qui dit changer d’alimentation, dit trouver de nouvelles idées de recettes.
Qui dit délaisser les supermarchés, dit se fournir chez les petits producteurs, le plus souvent à plusieurs endroits.
Qui dit passer au lavable, dit gérer les machines.
Vous voyez le tableau.

Séparément, chaque chose ne prend pas forcément beaucoup de temps.
Faire ses yaourts ou un gâteau tout simple ? Plié en 15 mn. Découper des mouchoirs dans un vieux drap ? 5mn à peine. Mais cumulé…

Sans compter qu’on tombe rarement sur la recette qui va bien du premier coup. Non, il faut d’abord comprendre comment ça marche, comparer, faire ses expériences, se planter deux ou trois fois.

Et puis trouver des fournisseurs, en fonction de son lieu d’habitation ça peut aussi être un bon gros casse-tête. C’est le cas par ici.
Si je veux me fournir correctement, je me retrouve à battre la campagne.
Comme ma routine alimentation n’est pas encore bien calée, j’ai besoin de refaire le plein en semaine, je me retrouve à devoir courir ici et là, avec en prime mes deux garçons pas toujours fans des courses.

Donc tout ça me demande beaucoup d’énergie.

Or s’il y a bien une denrée rare et précieuse dans ma vie actuelle, c’est le temps libre. Entre les enfants, le taff et la logistique quotidienne, j’ai entre 1h et 2h de temps libre par jour. Le soir, quand je suis déjà bien, bien crevée.

Le tout à répartir entre :

  • M’informer sur de nouvelles choses à mettre en place. Je n’ai pas envie d’appliquer des recettes sans bien les comprendre avant mais décrypter les diverses infos me prend un temps fou. Il faut démêler les bonnes grosses pelotes de laine avec un bon paquet de nœuds que tous ces sujets représentent. Surtout que je pars de loin puisque je ne m’étais jamais renseignée vraiment. Ignare sur la nutrition, les cosmétiques, le jardin, le recyclage, la couture. Tout à apprendre.
  • Mettre les-dites actions en place
  • Synthétiser ce que j’apprends et relater mes expériences sur ce blog
  • Apprendre l’allemand (eh oui, je galère)
  • Et, une fois de temps en temps, me détendre devant une série parce que je ne suis paaaas un robot.

Il y a des jours où je me demande quelle substance j’avais bien pu prendre quand j’ai décidé qu’écrire un blog était une bonne idée.

Et puis au-delà du temps, il y a l’énergie mentale.

Mettre la barre trop haut

Quand je me suis lancée là-dedans, je m’étais promis de pas en faire une obsession. Je me connais, quand je démarre un truc qui me passionne, j’ai du mal à décrocher. Ça mouline là haut, à toutes heures du jour et de la nuit.
Je m’étais dit : tu vas y aller en douceur, sans courir 40 lièvres à la fois. Tu prioriseras en fonction de tes besoins, de ce que le quotidien t’amène à remettre en question. Ah la bonne blague !

Parce que j’ai aussi eu cette idée à la fois merveilleuse et totalement maso de rejoindre deux groupes Facebook : Gestion budgétaire, entraide et minimalisme et Ma vie sans plastique : alternatives !!.
Des groupes qui fourmillent d’idées. Une énorme source d’inspiration.
Et une énorme source de démoralisation et de culpabilisation.
Je tombe tous les jours sur des posts, des articles et autres bouquins qui me rappellent touuuuut ce que je ne fais pas encore, les sujets sur lesquels je dois me renseigner, écrire, agir. Moi qui verse facilement du côté du perfectionnisme, ce n’est pas forcément bon pour mon moral.

D’autant qu’il y a dans ce monde du « zero waste » comme un esprit de compétition, à qui sera le plus extrême dans sa démarche, le plus écolo jusqu’au bout des ongles (eh oui, le rouge aux ongles, c’est pas vert vert).
Quand une personne pose une question, demande conseils sur un produit plutôt qu’un autre, ou sur l’intérêt de telle ou telle pratique…allez…4 fois sur 5, il y a un.e gus pour dire que ça ne sert à rien, que c’est idiot, que lui (ou elle plutôt, il y a une majorité de femmes) fait mieux.

Un petit exemple récent ?
Une femme demandait si l’eau du robinet était suffisamment bonne pour faire des biberons. Elle a reçu une floppée de réponses dans le goût de « allaite ! » « MOI, j’ai allaité, y’a pas mieux question zéro déchet » ou, pire « je peux pas te répondre, j’ai allaité » (on s’en fout ! abstiens-toi alors). J’ai trouvé ça minable.
Et c’est comme ça pour tout.
« Vaut-il mieux acheter une machine à soda ou acheter des bouteilles d’eau gazeuse en verre ? » > « pourquoi boire de l’eau gazeuse ? »
Quelqu’un connait une bonne marque de shampoing solide ? > « ah ben moi je me lave plus les cheveux, c’est encore mieux »
Est-ce que ça vaut le coup d’acheter une yaourtière pour faire ses yaourts ? > « tu sais, les produits laitiers c’est vraiment pas bon ».

Je trouve ça incroyable. Même si dans le fond ils n’ont pas toujours tort (on le sait que les produits laitiers c’est pas fou pour les adultes), c’est tellement…grossier. Et désagréable.

Je pense honnêtement qu’il y a un cheminement dans une démarche vers un mode de vie plus vertueux. Une sorte d’effet boule de neige, de courbe exponentielle. On démarre par ce qui nous semble le plus facile ou en tout cas faisable, et puis un changement en amène un autre plus grand et un encore plus grand, et petit à petit, comme tout s’imbrique, on finit par changer une multitude de choses même celles qui au début nous semblaient impensables. Mais chacun a besoin de marcher son chemin.

Ça, c’est ce que je dirais avec bienveillance à toute personne découragée par ses débuts.
Mais bien sûr, quand il s’agit de moi, je l’oublie. Et je m’auto-mets la pression.

Charge mentale et lâcher prise

Depuis quelques semaines, je sur-analyse tout ce que je fais, ce que j’achète et consomme. Ce n’est rien de dramatique mais je sens que ça me travaille un peu trop, au point presque de virer à l’obsession (ma liste noire de ce que je n’achète plus s’allonge dangereusement de jour en jour).

Une fois qu’on a pris conscience de l’urgence d’agir, il y a souvent un sentiment d’impuissance qui vient avec. On se dit qu’il faut bien plus que des actions individuelles pour faire bouger les choses et que sur le reste on n’a pas d’emprise, bien sûr. En même temps, on a l’impression que c’est presque mission impossible pour trouver des produits vraiment, vraiment clean aujourd’hui.

Le tout peut se transformer en une certaine angoisse insidieuse parce qu’elle mine au quotidien, elle ajoute à la charge mentale déjà pas franchement légère : on se retrouve à tout comparer, vérifier, repenser. Puisqu’on ne peut agir à grande échelle, on se dit qu’on va y aller à fond à son niveau, être irréprochable.

Or, tous les jours ou presque, une nouvelle étude allonge la liste kilométrique des produits mauvais pour la santé ou la planète. Souvent les deux. Exit les bouteilles d’eau, le plastique, les conserves, l’alu, les couches, l’air de notre propre maison, et même les produits censés prendre soin de nos bambins.

Cela en devient démoralisant. Chaque fois qu’on pense trouver une alternative verte, on découvre que quelque chose cloche. On se retrouve sans arrêt avec ce sentiment de devoir choisir entre la peste et le choléra. De quoi rester tapie dans sa grotte (bio) à se nourrir exclusivement des patates qu’on a cultivées (dans une grotte, oui).

Récemment je suis tombée sur un super article qui évoquait l’éco-anxiété. L’éco-anxiété concerne de manière globale la peur et l’angoisse liée aux changements environnementaux et à l’issue potentiellement fatale que cela implique. Une anxiété qui peut conduire au renoncement (“de toute façon y’a rien à faire donc à quoi bon”) ou à l’extrême inverse, à l’acharnement et au sacrifice. Une étude menée en 2018 par Harris Poll montre que 72% des « Millennials » Américains (18-34 ans) * déclarent souffrir de symptômes caractéristiques de l’éco-anxiété c’est à dire que leur préoccupation pour l’environnement nuit à leur bien-être.

A vrai dire, je pense que c’est une phase assez normale  d’un processus de transition. Le temps de trouver le bon dosage, d’adopter des nouvelles habitudes et une nouvelle routine. Mais selon de l’état d’esprit avec lequel on aborde la démarche, cette transition peut se faire de façon plus ou moins…zen.

Face à l’éco-anxiété, le conseil classique est de s’engager pour agir à une échelle plus grande, faire partie d’un mouvement. J’avoue que je caresse l’idée mais le fait de vivre dans un pays où je parle mal la langue me bloque. Et puis, je ne sais pas…je n’ai jamais été attirée par le milieu associatif, le militantisme. J’aime la modération dans les idées et les débats, le pragmatisme et je me fais une idée (fausse, très certainement) un peu extrême de ces milieux. J’aurais besoin de trouver une action concrète et en laquelle je crois pour pouvoir m’engager.

Ce qui est sûr, c’est que je vais devoir être vigilante à me laisser respirer si je ne veux pas finir éreintée et blasée ! Faire en sorte que la démarche soit aussi écologique pour soi est, je le sais, une clé essentielle pour garder le cap.

4 réflexions sur “ Charge mentale, énergie et mode de vie plus vert : rester écologique sur toute la ligne ”

  1. Ce côté extrême des ZD/bio/local/vegan me rappelle en effet celui sur l’allaitement avec les “gurues” américaines pro-allaitement notamment qui culpabilisait à fond les mamans qui n’allaitaient pas.
    Chacun a son rythme et comme il peut, pas à pas sinon on ne tient pas sur la durée

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