famille Zero dechet Ze guide fiche de lecture

Famille (presque) zéro déchet, Ze guide: fiche de lecture et avis

Ze guide de la famille (presque) zéro déchet, c’est l’autre incontournable sur le sujet, qu’on retrouve dans toutes les listes de bouquins à lire. Donc tout comme celui de Béa Johnson, je l’ai lu, évidemment. C’est même le premier que j’ai lu.

L’ouvrage est écrit à 4 mains par un couple dont la complicité est palpable. C’est ce qui donne, je trouve, autant de dynamisme à leur contenu.

Dès le début du livre, le ton est donné :

« N’écoutez pas les zérosceptiques, les râleurs et leur flemme, les lâches et leurs excuses. Donnez-vous le temps mais faites. Agissez, il en va de la survie de l’espèce. Avec Famille Zéro Déchet – Ze Guide, nous souhaitons donner toute sa place à l’action. Sans juger, culpabiliser ou moraliser, on n’est pas curé. Les voies impénétrables du changement se situent pour nous dans l’action consciente et informée. (…)
Bref un guide qui en a dans le slip et que même les Américains ils en ont pas des comme ça! »

Le couple se lance dans le ZD en 2014, et documente simultanément ses progrès sur un blog éponyme au ton mordant et aux illustrations pleines d’humour. Un an plus tard, ils ont réduit leurs déchets de 91%, passant de 390kg annuels à 25kg.

Avec ce guide, ils entendent nous aider à vivre mieux en dépensant moins. Et nous redonner le pouvoir d’être acteurs de notre consommation, de notre mode de vie, et de notre alimentation. Mission accomplie.

Pourquoi passer au Zéro Déchet ?

Avant de plonger dans les astuces pratiques, les auteurs consacrent plusieurs pages aux fondements du ZD. Pourquoi se lancer, l’état actuel des choses, l’impact de nos habitudes de consommation sur la planète, et ce qui pourrait se passer si on continuait sur cette même lancée.
Une invitation (urgente) à agir, donc, avec toujours cet causticité qui les caractérise, ce qui fait passer la pilule beaucoup plus facilement.

Les auteurs ne lésinent pas sur les arguments en faveur du Zéro Déchet (ZD).
Bon pour le porte monnaie qui se porte mieux lorsqu’on freine sa consommation sur tous les plans – principe même de la démarche ZD.
Bon pour la santé puisque la démarche implique d’une part de repenser son alimentation et d’éviter les plats tout prêts bourrés de sel, de sucre, de conservateurs et autres ingrédients et d’autre part d’arrêter d’acheter les autres produits ménagers et d’hygiène qui contiennent eux aussi des substances toxiques.
Bon pour le moral, enfin. Parce que disons-le, face à l’environnement qui se détraque, il y a de quoi broyer du noir. Joindre le geste à la valeur et passer à l’action aide à se sentir moins dépassé, impuissant ou déprimé.

Les auteurs nous rappellent que, non, le ZD n’est pas un retour un arrière, qu’il n’implique pas une dégradation de notre niveau de vie mais qu’au contraire, la démarche permet de simplifier, de se débarrasser du superflu qui nous encombre pour se concentrer sur l’essence de ce qui nous épanouit.

Voilà pour les bénéfices individuels. Mais bien entendu, la portée d’une démarche ZD va bien au-delà de notre propre personne. Elle symbolise aussi un engagement citoyen. Le ZD, c’est refuser toutes les pratiques qui vont à l’encontre de la préservation de notre environnement.

Nous vivons dans un monde où notre consommation sert à alimenter la croissance. On produit à tour de bras aux quatre coins du globe, là où la main d’œuvre est la moins chère, des objets de souvent piètre qualité, qui parcourent ensuite des kilomètres pour être vendus dans des pays plus riches, où ils seront bien vite remplacés, passés de mode en un éclair hors service comme de par hasard quelques mois après la fin de la garantie. Cette surproduction épuise la planète dont nous gaspillons scandaleusement les ressources.
Tout cette logique laisse par ailleurs derrière elle une quantité innombrable de déchets. Déchets physiques qui atterrissent directement dans nos poubelles, mais aussi déchets cachés, de par toutes les ressources consommées par la fabrication, le stockage, le transport… Et qui non seulement empoisonnent notre planète mais menacent aussi notre propre santé.

Or, qu’advient-il de ces déchets ?

« Sur les 390 kg de déchets ménagers par personne et par an en France, 29% finissent en incinérateur, 35% en décharge, 21% sont recyclés, 15% sont compostés. Nous brûlons donc et enfouissons dans le sol les deux tiers de nos déchets! »

En France, nos déchets sont traités par 238 décharges et 126 incinérateurs , générant au passage polluants organiques (dioxines) et métaux lourds nocifs pour l’homme et l’ensemble de l’écosystème (faune, eau, sols…). Chaque seconde, 200kg de déchets atterrissent dans nos océans (source : PNUE). Ils sont désormais tellement envahis de plastique que dans certaines zones, il y en aurait 6 fois plus que le plancton.

Et vous savez combien de budget part dans la gestion des déchets en France chaque année ? 14 milliards d’euros.

Alors oui, on recycle. Oui, certains produits retrouvent une seconde vie. Mais le recyclage n’est qu’un pansement sur une jambe de bois s’il ne s’accompagne pas d’une réduction drastique de notre consommation et des déchets que l’on génère, toutes matières confondues. Le recyclage, à lui seul, ne nous sauvera pas du désastre, même si certains lobbies aimeraient nous le faire croire.

Actuellement, seulement 20% de nos déchets sont recyclés. A l’échelle planétaire, ce sont 95% des déchets qui ne sont pas recyclés.
D’abord, parce que la population est loin d’avoir adopté massivement les bonnes pratiques du recyclage. Et pour cause : difficile, parfois, de s’y retrouver. Résultat : plus de 30% de taux de refus de tri.
Ensuite, parce que seuls certains plastiques se recyclent. Une quantité minime, en réalité : 20%. Et même ceux-là ne se recyclent qu’une seule fois, après quoi ils finissent eux aussi brûlés ou enfouis.
Enfin parce que le recyclage n’est pas la panacée écologique puisque recycler un produit demande énormément d’énergie.

Autrement dit, s’il vaut toujours mieux jeter un produit recyclable, la priorité est avant tout de…jeter le moins possible, tout court. CQFD.

Florilège de fausses excuses (déboulonnées) pour ne pas réduire ses déchets

  • De toute façon, je mourrai avant qu’on fonce droit dans le mur (merci pour ceux qui restent)
  • J’ai pas le temps. (C’est vrai qu’au début, le temps du rôdage peut être long. Mais au final, lorsqu’on a pris de nouvelles habitudes, on finit souvent par en gagner sur la gestion du quotidien).
  • Financièrement ça ne fait aucune différence. (Si. 14 milliards d’euros pour commencer. Sans compter les coûts marketing et packaging des marques qui se repercutent sur les prix.)
  • C’est trop duuuuur. (Oui, c’est difficile, parce que ça implique un changement et que le changement n’est jamais simple. Mais en soi, la majorité des actions à mettre en place ne sont pas si compliquées.)
  • Vous vous rendez compte de toutes les personnes que vous allez mettre au chômage ? (Faux ! D’après le bureau Européen de l’environnement, l’industrie de la réutilisation crée 10 fois plus d’emploi que celle de l’élimination des déchets. Sans compter que l’essor de la grande distri a tué plein de petits commerces et donc d’emplois).
  • Pourquoi je bougerais tant que les industriels et les politiques ne font rien ? (C’est clair que c’est rageant, qu’idéalement, chacun devrait prendre ses responsabilités. Mais ce n’est pas le cas. Donc en attendant le réveil collectif, on peut déjà faire sa part plutôt que de participer au désastre. Sans compter qu’en tant que consommateur et que citoyen on a un pouvoir : celui d’agir sur l’offre et la demande et de forcer la main des entreprises. Le jour où plus personne n’achètera de produits emballés dans du plastique, les industriels n’en vendront plus.)
  • Mais c’est mon DROIT (de consommer, de faire passer mes plaisirs avant le reste…)(humpf).
  • Pff c’est une goutte dans l’océan, qu’est-ce que ça change à mon échelle ? (Si tout le monde s’y mettait, ça changerait beaucoup de choses. Pourquoi ne pas montrer la voie ?)
  • Personne ne peut éliminer totalement ses déchets. (C’est vrai, Zéro déchet est une expression, un idéal vers lequel tendre.)

En résumé : pas d’excuse qui vaille !

« À ce niveau-là, le bio n’est plus une question d’être bobo ou pas, le Zéro Déchet n’est pas une lubie passagère d’écolo. Nous sommes bien au-delà de toutes considérations idéologiques, politiques, confessionnelles. Nous sommes dans l’obligation de changer de mode de vie. Dans l’urgence la plus immédiate. »

Une fois que les bases sont posées, place à l’action

« Vous êtes chaud(e) pour passer dans la dimension Zéro Déchet et on va vous aider. Dans Ze guide, on vous accompagne comme des vrais coachs! Chaque pièce de la maison et chaque moment de votre vie sont des occasions de zapper les emballages, d’éviter de jeter et surtout d’éviter d’acheter vos futurs déchets. Car les déchets, c’est comme dans la série X-Files: ILS sont partout! »

La démarche ZD concerne chaque volet de la vie quotidienne. Elle peut s’infiltrer partout. Les auteurs assurent qu’on peut éliminer 95% des déchets de notre quotidien tout en gagnant en qualité de vie.

Alors comment diminuer sa quantité de poubelles ?
En commençant par appliquer les principes de Béa Johnson, ou presque :
– Refuser : film étirable, papier alu, sacs de congélation, lingettes et couches jetables, pots de yaourt, emballages et autres barquettes en polystyrène non recyclable…
– Réduire : sa consommation et le gaspillage
– Réutiliser et réparer
– Recycler et composter
– Revendiquer (un ajout aux 5 commandements de Béa Johnson). Il s’agit de signaler aux marques lorsqu’une amélioration écolo est possible ou de faire connaitre les initiatives et solutions pertinentes autour de soi.

Deux choses importantes à garder en tête quand on se lance :
1/ C’est un processus de changement qui se fait progressivement, et prend généralement plusieurs années pour être parfaitement rôdé et abouti
2/ On respiiiire. Et on ne baisse pas les bras quand on aura l’impression de faire du surplace voire de reculer, de se heurter à des murs ou se battre contre des moulins à vent.
Synthèse des meilleures astuces par catégorie

Quelques astuces à retenir

Les courses

Priorité 1 : on s’équipe en contenants (sacs en tissus, bocaux en verre…) pour éliminer les sacs plastique.

L’idée est de passer au vrac pour un maximum de produits.

Le kit courses de la famille ZD

– Un grand sac ou cabas bien résistant
– 4 à 6 bocaux, tupperwares ou autres contenants réutilisables en verre, en inox, pour les produits frais notamment. On peut récupérer les pots de confitures, de conserves ou de compote.
– Une dizaine de sacs en tissus de différentes tailles
– Eventuellement, une cagette ou un carton solide

« Le principal ennemi du Zéro Déchet est l’imprévu… et la flemme »

Priorité 2 : trouver ses fournisseurs

Trouver ses fournisseurs c’est à la fois THE challenge quand on se lance dans le ZD et la clé de la réussite : une fois qu’on a sa liste de fournisseurs bien calée, le reste pose beaucoup moins de problème.
On se tourne notamment vers les maraîchers, fromagers, bouchers. On fait son marché pour trouver tout le monde au même endroit. On passe par les coopératives de producteurs et Amap (Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne). On se rend directement à la ferme. On adopte les magasins de vrac. Ou on trouve des boutiques bios et autres commerces locaux et indépendants.
Les magasins sans emballages sont répertoriés sur les appli Bulk et consovrac.com

La cuisine

Le ZD signifie invariablement un minimum de temps en cuisine. 30mn à une heure chaque soir, 2h au moins le weekend pour préparer les repas. 4h30 en moyenne par semaine pour la famille ZD. Mais c’est l’occasion de découvrir de nouvelles saveurs, de nouvelles recettes, et le goût authentique des bons produits.

Budget de la famille ZD :
90 euros de frais, 25 euros de vrac, 15 euros pour l’entretien de la maison, 15 euros d’épicerie, 15 euros de lait, boissons, crème fraîche, et autres soit environ 160 euros par semaine.

Pas besoin d’avoir une batterie de cuisine digne d’un chef étoilé. On se contente des basiques, on revend ou on donne le reste et on privilégie le prêt ou la location pour les besoins ponctuels (cf note de bas de page pour les liens)

Pour tenir la distance aux fourneaux, quelques sages conseils :

  • S’organiser pour faire en sorte de ne pas avoir à cuisiner tous les jours : faire des menus, cuisiner en grande quantité et congeler une partie, faire du batch cooking
  • Optimiser la préparation des repas pour gagner du temps et faire en sorte que la cuisine reste un moment de plaisir.

L’entretien de la maison

Beaucoup de produits du commerce concernant l’entretien de la maison sont nocifs pour notre santé et celle de l’environnement. Vous pensez bien que des produits conçus pour éliminer un maximum de bactéries avec des ingrédients bien puissants pour les éradiquer ne peuvent être complètement inoffensifs.
Saviez vous que selon l’Observatoire de la qualité de l’air, l’air intérieur est plus pollué que l’air extérieur ?
La solution ? Le DIY.

S’équiper

6 indispensables à avoir absolument dans ses placards, biodégradables, non toxiques pour l’homme et l’environnement et pour la plupart naturels :

  • Le bicarbonate de sodium, ou bicarbonate de soude. Naturel (présent dans l’eau de mer notamment), sans odeur, 100% écologique et non toxique mais présentant quantités de vertus. Alcalin, antiacarien, anticalcaire, adoucissant (bon pour l’eau du linge), fongicide (bon contre les moisissures et pour désinfecter), insecticide (pour nettoyer les légumes ou au jardin), abrasif doux, dégraissant (pour récurer), neutralisateur d’odeur (dans le frigo ou les placards), agent levant (pour remplacer la levure couplé au vinaigre), antiacide
  • Le savon noir : il y a deux sortes, pour le corps et pour l’entretien de la maison, avec des compositions un peu différentes. Il existe en paillettes ou liquide. Utilisation dilué dans de l’eau : dégraissant et détachant pour tous types de surface y compris les textiles, désinfectant et antibactérien, répulsif
  • Le vinaigre blanc : détartrant et anticalcaire, adoucissant pour le linge, désinfectant, dégraissant et nettoyant
  • Le savon de Marseille
  • Le percarbonate de soude ou eau oxygénée solide : agent blanchissant pour le linge, dégraissant et détartrant. Attention, à utiliser avec précaution puisqu’il est irritant pour les yeux et la peau et ne pas le chauffer car cela mousserait énormément.
  • L’acide citrique : détartrant, antirouille, fongicide. Mais irritant pour la peau, à manipuler avec beaucoup de précaution et de préférence des gants et lunettes.

Bilan d’économies de plastique : énorme ! Bidons de lessive, bidons de produits, bombes aérosols…tout ça s’est fini !
Sans parler des bénéfices sur la santé en excluant les substances nocives.

Les cosmétiques

La législation concernant la mise en circulation de nouvelles molécules par les industriels de la chimie n’est pas satisfaisante. Il y aurait au moins 100 000 molécules en circulation aujourd’hui, sans qu’on en connaisse réellement l’impact sur l’écosystème. Elles se retrouvent dans l’eau courante, les tissus, les vêtements, les produits d’entretien, et les cosmétiques. Au fil du temps, ces substances sont stockées par notre corps et peuvent interagir créant un « effet cocktail » particulièrement dangereux.

Le vrai problème, c’est qu’on n’a pas suffisamment de recul pour connaître l’ampleur des effets de ces substances sur notre santé. Chaque année de nouvelles études sortent, pointant du doigt telle ou telle substance qui se retrouve partout. Souvenez vous le scandale du BPA, depuis remplacé par d’autres substances probablement pas beaucoup plus saines..

Les labels bio sont bien plus exigeants en termes de substances interdites, notamment les parabènes, PEG (Polyethylene Glycols) et PPG (PPG), silicone… En revanche, côté emballage c’est pas encore ça. On est loin du Zéro déchet.
D’où l’avantage de faire soi-même, pour avoir la main autant sur le contenu que sur le contenant.

Par quoi on commence ?
Par faire le tri.
On a tendance à accumuler tout un tas de trucs dont on n’a pas vraiment besoin. Résultat, on se retrouve avec des tonnes de flacon à peine entamés oubliés dans les fonds de placards. Si vraiment on vise le minimalisme, 3 produits suffisent : savon, huile, cup ou rasoir.
Ensuite, on remplace ses produits

Les incontournables à avoir dans sa salle de bain

Favoriser les matières premières labellisées bio.

  • Le gel d’aloe vera : hydratant, apaisant, cicatrisant, antiseptique et régénérant. A utiliser en crème hydratante, gel coiffant, gel après rasage, après soleil ou hydratant pour cheveux.
  • Le miel : Adoucissant, hydratant, cicatrisant et antibiotique. Nourrit la peau et les cheveux, peut servir en baume, ou en gommage
  • La cire d’abeille : émolliente, hydratante, anti-inflammatoire, cicatrisante et antibactérienne.
  • Bicarbonate de soude : déodorant, hydratant, adoucissant (dans le bain), exfoliant pour la peau et abrasif pour les dents. Attention, en usage trop fréquent le bds peut être asséchant
  • Argile blanche (ou kaolin) : cicatrisante, assainit et purifie la peau, adoucissante, abrasive douce pour les dents, nettoyante, élimine les excès de sébum et les impuretés, nettoie les cheveux,
  • Huiles essentielles
  • Huiles végétales à choisir issue d’une première pression à froid, bio et 100% pure et naturelle, idéales comme base saine pour les cosmétiques.
  • Glycérine végétale : hydratante pour la peau et les cheveux, conserve mieux les préparations. Attention : un dosage de plus de 10% dans un produit provoque l’effet inverse et dessèche la peau. Le dosage recommandé est de 2 à 8% selon les préparations.

Les enfants

Les enfants, ces machines à déchets.
Jouets en plastique non recyclables et sources déchets en tout genre : compotes à boire, sachets de bonbons, gadgets à 2 euros mais aussi lingettes jetables, vêtements et équipements sportifs, équipements de puériculture et j’en passe.

Alors quoi ?

Action 0 : la pédagogie
Poser les bases du ZD version enfants en les sensibilisant dès le plus jeune âge à la démarche ZD. La famille ZD montre la voie avec un chapitre destiné à être lu par les enfants eux-mêmes. Ils y expliquent avec des mots (encore plus) accessibles pourquoi il est urgent de faire attention aux déchets, et qu’il leur revient aussi à eux de refuser le plastique et de ne pas inciter les parents à en acheter.

  • Limiter ses jouets, vendre ce dont on ne se sert plus et privilégier l’occasion plutôt que le neuf. Louer plutôt qu’acheter en s’inscrivant à la ludothèque et à la bibliothèque
  • Pour le goûter, remplacer les compotes, yaourts, biscuits et autres douceurs du commerce par du fait maison
  • Remplacer les lingettes jetables par du lavable, bien meilleures sur tous les plans : environnement, santé, et porte monnaie. Vous pouvez les faire vous-même, dans du tissu éponge ou une vieille serviette (pas trop rêche quand même)
  • Acheter des vêtements d’occase
  • Passer aux couches lavables. Dégommons un mythe : non, on ne consomme pas plus d’eau et d’énergie que le jetable parce qu’on fait plus de machines. Entre le pétrole utilisé pour la fabrication, et les produits chimiques, l’eau, l’emballage tout ça pour être utilisé 4h, c’est 3,5 fois plus d’énergie, 2,3 fois plus d’eau.

Saviez vous que sur 66 jouets testés par 60 millions de consommateurs, 30 contenaient des substances chimiques toxiques et cancérogènes (phtalates, colorants, métaux lourds…). Gloups ! Donc privilégiez les jouets écolabellisés.

La maison

On surconsomme. On le sait tous. On accumule les gadgets, les appareils électroniques qui servent une fois l’an, les bibelots…autant de choses généralement très gourmandes en énergie pour être produites, voire polluantes, et qui devront un jour ou l’autre finir en déchet.
Alors qu’est-ce qu’on fait pour réduire ?

1/ On mutualise plutôt que d’acheter soi même.

L’essor des solutions de partage va nous y aider puisqu’on peut aujourd’hui partager ou co-posséder ou louer tout un tas de choses . Covoiturage, copropriété (autocopro.com),
Trouver les sites de partage sur consocollaborative.com
RDV sur seldefrance.communityforge.net pour découvrir le système d’échange local (SEL) qui permet le partage entre voisins.

2/ On répare

Pas doués pour le bricolage ? Pas de panique. De nombreuses ressources et initiatives existent. Voici quelques sites :
Commentreparer.com, communauté d’entraides. Repaircafe.org. therestartproject.org, envie.org

3/ On achète de seconde main

Notamment les vêtements. On évite les matières synthétiques, qui n’est pas recyclable (polyester, polaire…). On privilégie le naturel (coton, chanvre, lin..) ou l’animal (laine, soie…).
De la meilleure option à la moins meilleure (tout en restant mieux que la normale) :
– Le chanvre
– Le coton bio
– Le lin
– Le coton conventionnel
Pour le bio, deux labels : Oeko-Tex et GOTS (Global Organic Textile Standard). Et deux labels équitables : FloCert et FairWear.
On achète d’occase dans les vide dressing, les friperies, sur Vinted…

Côté meubles

Privilégiez :
– le local, l’artisanal, l’équitable, le durable. Plus cher, certes, mais plus solide.
– L’occasion : Emmaüs, ateliers solidaires…
– Le DIY. Sites utiles pour trouver des plans et astuces de meubles: woodself.com/fr, espritcabane.com, designmag.fr, opendesk.cc.
– L’écologique, labellisé
C’est quoi le problème avec l’aggloméré et les meubles en kit ? Ils contiennent des substances nocives pour la santé et l’environnement: phtalates, benzènes, formaldéhydes, résines…
Par effet de « relargage », certains substances toxiques, cancérogènes, allergènes, irritantes, les COV (composés organiques volatiles) sont relâchées dans l’air pendant plusieurs années.
La mauvaise qualité de l’air intérieur nous coûte en France chaque année entre 10 et 40 milliards d’euros !
D’où un deuxième avantage de la seconde main : ces substances ont déjà été en grande partie relarguées.

Choisir une banque

A quoi sert votre argent gardé en banque ? Mystère. Et impossible de le savoir. Vous pouvez vous rendre sur epargneclima.com pour en savoir plus.
Et choisir une banque éthique, qui utilise votre argent à bon escient, pour des projets écologiques et solidaires.
Pour le savoir, vous pouvez vous rendre sur sur epargneclimat.com, financeresponsable.org ou sur banktrack.org.

Tout un chapitre concerne les fêtes. Noël, Pâques, Halloween, anniversaires…
Les conseils de base étant d’arrêter la vaisselle jetable et les apéros emballés pour utiliser du lavable et préparer soi même (cake, olives, houmous…).
Pour les cadeaux, privilégiez le fait maison (œuvre artistique, couture…), le seconde main, l’immatériel (massage, repas…)…

En conclusion, les auteurs en rajoute une couche déculpabilisante : s’il y a un (presque) dans le titre, ce n’est pas pour rien. Ce qui compte c’est de démarrer quelque part, chaque petit geste compte. S’engager même un peu c’est déjà fantastique.
Le ZD est un processus, qui démarre souvent sur les chapeaux de roue avec de nombreuses victoires la première année quand tout est à mettre en place puis avec le temps, on affine.

«La civilisation, au vrai sens du terme, ne consiste pas à multiplier les besoins, mais à les limiter volontairement. Il faut un minimum de bien-être et de confort; mais, passé cette limite, ce qui devait nous aider devient une source de gêne. Vouloir créer un nombre illimité de besoins pour avoir ensuite à les satisfaire n’est que poursuivre du vent. Ce faux idéal n’est qu’un traquenard.» Gandhi

Mon avis sur Ze guide

Ce livre est enthousiasmant.

D’abord parce qu’on se marre bien, ils ont la blagounette facile et le jeu de mots cinglant. Le ZD c’est du sérieux mais on le fait le sourire aux lèvres.
Tout de suite ça détend.
Il y a quelque chose de réjouissant à voir cette famille pleine de vie avancer vers le ZD, en toute détente, sans prise de tête. On sent que cela les a soudés, qu’ils prennent plaisir à agir ensemble, et même se marrent bien à le faire. Ca donne envie de les suivre et de s’y mettre aussi.

La section enfants s’adresse spécifiquement aux enfants. Ils y expliquent avec des mots (encore plus) accessibles pourquoi il est urgent de faire attention aux déchets, leur impact sur la faune et la flore, et qu’eux aussi ont le pouvoir (et la responsabilité) d’agir (depuis ils ont d’ailleurs publié un livre spécial enfants).

En même temps on sent bien qu’on n’est pas dans la baba-coolitude perchée dans leur cabane. On s’identifie facilement à la famille (presque) Zéro Déchet, on se dit que c’est une famille comme les autres, simple, ce qui rend tout de suite la démarche plus accessible. Si eux ont pu, on peut aussi, non ?

D’autant qu’ils ne visent pas la perfection dans le démarche. Le (presque) dans leur nom n’est pas là pour rien. Et ils assument. Que c’est un “work in progress”, où chacun avance à son rythme, comme il peut, avec une amélioration continue puisque depuis la publication du livre, ils ont déménagé, sont allés encore plus loin, se sont installés dans un mobilhome… Leur blog et leur livre sont même teintés d’une certaine autodérision qui les rend attachants.

Note : les recettes sont pour beaucoup disponibles sur leur très chouette blog. Depuis la parution de Ze Guide, ils ont publiés deux autres ouvrages :  Les Zenfants zéro déchet et Famille en transition écologique (qui risque de venir bientôt compléter ma biobliothèque).

Vous hésitez entre Ze Guide et Zéro Déchet de Béa Johnson ? Mon avis par ici.

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