Ne plus se mentir Jean Marc Gancille

[Fiche de lecture] Ne plus se mentir de Jean-Marc Gancille : inévitable effondrement

Avec « Comment tout peut s’effondrer » je me suis pris une bonne claque. Un gros parpaing sur le coin de la tête. Mais au moins, ça m’a réveillée, ça m’a donné envie d’agir, de me bouger.

Avec « Ne plus se mentir », c’est pas un parpaing que j’ai eu l’impression de me prendre, mais le mur tout entier.

Non pas que j’y ai fait de découvertes accablantes, factuellement parlant. Les chiffres, je les connaissais déjà.

Sauf que Jean-Marc Gancille, l’auteur (et cofondateur de DARWIN à Bordeaux) ne s’attache pas juste à faire un état des lieux de la situation catastrophique et à nous prouver par A+B que si on ne fait rien, on va droit dans le mur.

Non. Jean-Marc Gancille nous dit qu’on peut toujours se démener comme des beaux diables, le mur on va de toute façon se le prendre. Que rien, absolument rien, ne peut nous l’éviter. Il est trop tard. La machine est hors de contrôle. Les dégâts sont irréversibles. On n’y coupera pas.

Comme il dit, « l’effondrement global de notre société industrielle à court terme est devenu plus que plausible. Inévitable. »

Tu parles d’un coup de massue. Pour être lucide, il est lucide, Mr Gancille. Au fil de son ouvrage, il s’applique à démonter méthodiquement toutes les petites bulles d’espoir que nous serions tentés de faire émerger.

On ne sait pas de quoi demain sera fait. De jours bien sombres assurément, parce que, autant qu’on se le dise, garder le réchauffement sous la barre des 1,5 °C, c’est mort. Au mieux, si tous les États signataires respectaient les engagements pris à la COP 21, on serait à 3 °C. Et quand bien même on y parvenait, on n’en verrait pas les effets avant plusieurs décennies.

De toute façon on en est très loin. Non seulement rien n’a changé, mais c’est de pire en pire. Les courbes de notre cupidité continuent leur inexorable ascension. On a explosé tous les compteurs, franchi toutes les limites. Record du trafic aérien en 2018. Explosion de la production de plastique. Epuisement des stocks de ressources naturelles, surexploitation des ressources animales, déforestation, disparition de la biodiversité…tout augmente et s’accélère.

Quelques chiffres réconfortants (ne me remerciez pas, c’est cadeau) :

  • Si tous les humains consommaient autant qu’un Français, il faudrait disposer de 2,79 planètes. Et comme un Etats-Unien, de 4,97 planètes.
  • En 2016, le poids carbone d’un Français était de 10,7 tonnes eq CO2 alors qu’elles devraient être de 1,7 tonne par an pour chacun d’entre nous…soit un an de chauffage au gaz pour un appartement de 85 m2. Et encore. En passant, un vol Paris-New York c’est 2,6 tonnes.
  • Les pays riches consomment en moyenne dix fois plus de matières premières extraites plus que les pays les plus pauvres.
  • L’Europe est le plus gros responsable de la déforestation importée.
  • Le jour du dépassement est passé du 31 décembre en 1986 au 1er août en 2018.
  • Nous sommes entrés dans la sixième extinction de masse. Les disparitions d’espèces ont été multipliées par cent depuis un siècle. Nous sommes responsables de la disparition de 83 % de tous les mammifères sauvages. Il ne reste plus que 4 % d’animaux en liberté sur cette planète, 60 % des mammifères sont du bétail. L’être humain, convaincu de sa supériorité, a asservi le vivant sans vergogne, partant du principe que ses propres besoins justifiaient toutes les fins. Pourtant, nous sommes désormais parfaitement au courant que notre survie dépend de celle des autres espèces. C’est ce qu’il s’appelle se tirer une balle de pieds, voire nourrir carrément des comportements suicidaires. Ou comme dirait l’auteur « Nous tronçonnons sciemment, depuis des millénaires, l’arbre de la vie, feignant d’ignorer que nous sommes assis sur l’une de ses branches. »

Tout ça n’est pas étonnant puisque RIEN n’a été fait par les gouvernements pour stopper cette fuite en avant. Aucune mesure suffisante pour limiter l’émission de GES et la pollution, développer les énergies renouvelables, protéger la biodiversité, sanctuariser les espaces sauvages, stopper l’agriculture industrielle et l’extraction de toutes les énergies fossiles, freiner la croissance démographique, interdire l’avion, la consommation de viande, imposer l’habitat collectif…

Le capitalisme poursuit allègrement sa course folle. Toutes nos manifs, nos marches, nos alternatives locales, notre zéro déchet et nos sit ins ne pèsent pas lourd face à l’immobilisme, à l’indifférence patente voire même à la mauvaise volonté clairement assumée de nos gouvernements, bien trop acoquinés avec les industriels et ayant bien trop à perdre. La pression des lobbies et des grands patrons pour que rien ne change est considérable. Celle des citoyens aussi, cela dit, soucieux de ne pas perdre leur pouvoir d’achat et leur confort.

Pourtant ça fait des années qu’on sait la gravité de la situation. Au moins depuis 1972 avec le rapport du Club de Rome suivi par les multitudes d’études et de rapports qui ont confirmé ces prédictions. Prédictions en soi suffisamment alarmistes pour justifier la mobilisation de moyens dignes d’un état de guerre.  Mais, rien, nulle part, au contraire.

Les politiques continuent de cautionner les projets climaticides, de protèger les intérêts des grands groupes, de privatiser les services publics et de frotter les lobbies dans le dos.
Quant à nous, citoyens, on a préféré se complaire dans notre confort, conserver nos privilèges, fermer les yeux et tourner la tête en se persuadant qu’en temps voulu, l’humanité saura faire le nécessaire pour éviter le mur.

En attendant, on se raconte des histoires.

Ah vous croyez que ça bouge, que les consciences s’éveillent, que le changement est là, palpable, les cœurs prêts à bondir ? Mais si, regardez, dans la rue, sur les réseaux sociaux, les gens se responsabilisent, s’engagent avec ferveur, reprennent en main leur consommation, exigent du bio, de l’éthique, du responsable. D’ailleurs les entreprises aussi commencent à s’aligner. Les boutiques de vrac poussent comme des petits pains. ZD power. Et puis regardez tous ceux qui entreprennent des projets innovants, qui expérimentent, qui sortent des sentiers battus, c’est inspirant non ? Allons, il faut y croire ! Margaret Mead nous le dit bien.

Illusion, nous dit l’auteur. D’ailleurs c’est faux qu’un petit groupe d’individus conscients et engagés puisse à lui seul changer le monde et que s’est comme ça que ça s’est toujours passé. Pour que les choses changent, il faut des conditions émergentes, et aujourd’hui, le compte n’y est pas. Pas du tout même.

« Ainsi s’est massivement développé le nouveau culte des solutions individuelles et du héros écolo à la cool. Haro sur l’écologie punitive et le catastrophisme démobilisateur. (…) Halte aux divisions stériles, nous partageons tous une même communauté de destin. États, entrepreneurs, élus, citoyens main dans la main pour relever le défi du changement global. Tel est le leitmotiv aussi commun que lénifiant de ces dernières années. » ironise l’auteur.

Oui mais quand même, si chacun fait sa part, agit à son échelle, si on reste soudés et qu’on change notre façon de consommer, avec l’effet de masse, on peut infléchir la tendance, non ?

Non. Et même pire. Selon l’auteur, le pouvoir de la consomm’action est un mythe pernicieux.

Comme il dit, « Les industriels l’ont rêvé, nous l’avons faite ». Pas faux.

En croyant dur comme fer que notre porte-monnaie nous confère du pouvoir, un moyen de pression, on perpétue la logique même du consumérisme, de la croissance coûte que coûte, de l’argent comme arme suprême. On achète bio, mais on achète. Et on se laisse endormir par l’impression d’agir, ce qui nous dissuade de remettre en question l’ensemble du système. Les industriels, eux, se frottent les mains.

« L’une des plus incroyables réussites de la société industrielle et marchande est d’être parvenue à convaincre l’opinion que la consommation pouvait changer le monde. Le pouvoir d’achat s’est mué en gentil cocktail Molotov. La bonne conscience écologique sonnante et trébuchante pouvait remplir les tiroirs-caisses. ».

A force de miser sur ceux du bas à défaut de parvenir à faire bouger ceux du haut, on a dépolitisé l’engagement. Une aubaine pour les plus gros responsables de la catastrophe écologique, trop heureux que les projecteurs se soient braqués ailleurs.

« Tout occupés à faire notre examen de conscience et à réduire notre empreinte écologique individuelle, nous ne nous posons plus les questions pertinentes sur les normes sociales et les logiques d’intérêts sur lesquels se fonde notre civilisation industrielle. Culpabiliser l’individu évite de condamner le système. »

Et puis, pensez-vous vraiment pouvoir changer le système via votre consommation ? Vous rêvez ! Il est bien trop verrouillé pour cela, par tous ceux qui en tirent parti tout au long de la chaîne et ne sont pas disposés pour un sou à lâcher le morceau. Et on ne parle pas ici que des grosses entreprises ou des lobbies mais bien de tous ceux qui, de prêts ou de loin, dépendent du système y compris les modestes travailleurs qui en tirent leur gagne-pain. Ça fait un paquet de gens. C’est même une majorité de la population, qui vit aujourd’hui de ce qui détruit la planète.

« Tous renâclent à renoncer à leur gagne-pain et des emplois immédiats au nom de bénéfices écologiques hypothétiques futurs, a fortiori en période de chômage de masse. On n’est pas près de réconcilier la fin du monde et la fin du mois »

Bon, d’accord. La consomm’action on oublie. Mais le système, on peut encore le changer, le verdir, le transitionner.

Que nenni, une fois de plus. La croissance infinie est un autre mythe qu’il nous faut urgemment enterrer. Même verte, elle reste insoutenable car la croissance est intimement liée à la consommation de ressources et d’énergie et contre cela nous ne pouvons rien. Notre petit confort se paie forcément au prix fort de l’exploitation des ressources naturelles, de la destruction des paysages et de la pollution. Les deux sont indissociables. Tout, tout, tout (ou presque) ce qui fait fonctionner nos sociétés modernes et nous permet de vivre confortablement dépend de l’énergie. Il ne peut donc y avoir écologie sans décroissance. Point.

Sauf qu’arrêter de consommer, on n’y arrive pas.

« Toxicodépendants de la consommation, nous sommes de plus en plus conscients qu’elle nous conduit à notre perte mais perdurons à l’encourager pour le bien-être illusoire et le confort éphémère qu’elle procure. »

On vit à crédit et notre dette écologique est écrasante, « irréparable ». Ce n’est pas juste un petit pas qu’il nous faudrait faire mais une réduction absolument drastique de notre consommation.

Donc si on résume : le solutionnisme individuel est chimérique. La transition écologique, n’aura pas lieu. Et on brûle la chandelle par les deux bouts. Mais l’être humain, avec son intelligence et sa créativité incroyable, va bien nous pondre une techno pour nous sortir de ce pétrin, non ?

Si vous pensez que la Green tech va nous sauver en « smartifiant » notre consommation d’énergie ou que les énergies renouvelables vont nous permettre de décarboner, think again.

Certes, les énergies renouvelables se sont développées ces dernières années. Un peu. Mais comme la consommation d’énergie globale ne fait qu’augmenter, au final la part des énergies renouvelables stagne à un taux faible de 3,2% de la consommation mondiale d’énergie. 85,5% sont détenues par les énergies fossiles – 33% pour le pétrole, 28% pour le charbon et 24% pour le gaz naturel.

Attendez, c’est pas tout ! Le rendement de l’énergie investie est en pleine chute.

Autrement dit, il faut fournir de plus en plus d’énergie pour…produire de l’énergie, qu’elle soit fossile ou renouvelable. Eh oui comment croyez-vous que fonctionnent les machines de forage, d’extraction et compagnie, que l’énergie elle-même est transportée ou que sont produits les éoliennes ou les panneaux photovoltaïques ?

(that’s a) Bingo : grâce à l’énergie. C’est valable pour toutes les tech, high ou green.

« Le tragique paradoxe du solutionnisme technologique ambiant est qu’il contribue finalement à renforcer le modèle économique mortifère et l’hyper-industrialisation qu’il dénonce. »

Et ne parlons même pas de tous les déchets que cela génère et de la fin de vie de ces produits. Enfin si, parlons-en. Seul un déchet électronique sur 5 est recyclé et moins de 1 % des métaux indispensables aux nouvelles technologies le sont à l’échelle mondiale. Le reste est enfoui, incinéré, déversé dans des décharges loin de chez nous, dans des pays peu regardants sur les standards écologiques et sanitaires. Normalement, c’est pas franchement autorisé, rapport à la convention de Bâle de 1989 mais qu’à cela ne tienne, il suffit de qualifier tous ces déchets de « bien d’occasion » et ça passe crème.

Nos gouvernements sont hautement complices de la destruction de la planète et ce à l’échelle aussi bien internationale et nationale que territoriale. D’ailleurs, notre système n’a plus de véritable démocratie que le nom tant les politiques sont obsédés par la protection de leurs intérêts. Nous vivons en oligarchie.

Compter sur les politiques pour entreprendre quoique ce soit à la mesure des enjeux est donc illusoire.

« La destruction du monde est organisée et profite avant tout à une élite qui en fait subir les conséquences au reste de la société, les pauvres en première ligne. »

A ce titre, le mouvement des gilets jaunes a le mérite d’avoir « ouvert une brèche salutaire sur l’efficacité des stratégies à même de faire infléchir certaines positions : tant qu’elle ne sera pas confrontée à la colère physique, la classe politique ne changera pas radicalement la donne dont elle dépend ».

D’autant qu’il n’y a aucun contre-pouvoir suffisamment puissant pour s’élever contre les dirigeants en place et gagner la bataille. Selon l’auteur, même les ONG influentes ont vu leur portée diminuer. L’arrivée des youtubers et autres influenceurs cool sur la scène de l’opposition a dilué le message, affaibli sa dimension idéologique et contestataire pour faire du buzz et des likes. Fini les actions coup de poing, on fait dans le gentillet, le sit-in, le virtuel, les pétitions, la non violence.

« En un mot : le courage a été remplacé par le confort. » Bim ! Rhabillés pour l’hiver.

Même la collapso, elle qui nous a mis le nez dans les limites de notre système et nous a poussé à être lucides, est devenue tellement « mainstream » que le plus gros enjeu ne semble plus être « que faire » mais « comment ne pas s’effondrer soi-même ». La porte ouverte au business de l’écoanxiété.

Alors bien sûr, pour contrer tout ça, de nouveaux mouvements émergent, un peu plus énervés (comme Green Deep Resistance). La désobéissance civile et la revendication pacifiste, ça va bien deux minutes. Mais ces mouvements ne suscitent pas franchement l’adhésion, surtout au sein de toute la frange écolo privilégiée pas trop pressée de démanteler le système qui lui assure confort et sécurité. Pourtant, la force et les actions musclées nous serons nécessaires pour riposter aux attaques du pouvoir en place, quant à lui pas du tout attaché aux valeurs pacifistes s’il se sent menacé.

Bref, le tableau est bien noir. Aucune issue possible. Même le fantasme d’un retour à un mode de vie en harmonie avec la nature, sur le modèle des peuples primitifs, apparait irréaliste avec 7 milliards d’habitants sur la planète.

Mais y’a bien une lueur d’espoir ? Une branchouillette à laquelle se raccrocher ? Une petite brindille ?

On ne va pas se mentir, justement : désolée mais non, pas de silver lining.

Pour poser les choses, selon l’auteur :

« Nous avons désormais un devoir de lucidité. Accepter le tragique de la situation, aiguiser un esprit critique sur les racines du désastre, ne pas se défausser de notre responsabilité, identifier et nommer l’adversaire, livrer bataille. Il nous faut enfin admettre qu’il n’y a pas de « solution ». (…) Continuer à se raconter des histoires malgré l’évidence des faits ne contribue en rien à produire des réactions vitales. La peur est une émotion on ne peut plus utile, un moteur d’action qu’il serait dommageable de vouloir fuir mais qu’il faut au contraire mobiliser au profit de stratégies de résistance et de survie. Ainsi, admettre qu’il n’y aura pas de « solution » ne relève en rien du fatalisme, de la résignation. Encore moins du nihilisme. C’est au contraire l’antidote le plus puissant aux illusions, le carburant de la détermination, le plus sûr chemin vers une action proportionnée, la condition de l’adaptation, la seule chance d’émancipation réelle d’un système devenu mortifère. ».

Voilà voilà…

J’espère que vous aviez le moral avant de démarrer cet article.

Mais l’auteur est sympa, il ne nous laisse pas en plan comme ça, la déprime en bandoulière.
Il nous suggère 5 pistes pour « éviter l’ingérable et gérer l’inévitable » :

1. S’alléger
Décroitre. Diminuer drastiquement notre consommation. Vivre sobrement, se contenter de l’essentiel, tendre vers l’autonomie et se lier aux autres pour y parvenir.

2. S’affranchir
Oublier les politiques, il n’y a rien à attendre d’eux. S’émanciper de ce système autant que possible, ne pas gaspiller d’énergie à espérer quoique ce soit d’eux. Mais désobéir et se rebeller.

3. Se radicaliser
Seule la lutte active pourra aboutir au changement. Et malheureusement, les stratégies les plus efficaces en termes de résultats se sont avérées jusqu’ici être celles de l’offensive, pas de la non violence. «L’opposition ne peut plus qu’être frontale. Il s’agit plus que jamais de réhabiliter la radicalité dans nos combats. » Nous allons avoir besoin de formes plus radicales de contestation (sabotage, hacking, etc) qui amèneront certainement des répressions elles aussi de plus en plus virulentes.

4. Se relier
Si (ou quand) la civilisation vient à s’effondrer, il nous faudra trouver d’autres modèles, plus résilients, coopératifs, solidaires, inclusifs, sobres, démocratiques, autonomes… Pour cela, il nous faut expérimenter, mais avec des initiatives capables d’essaimer, se propager, s’interconnecter pour tisser une grande toile, une multitude d’archipels.

5. Se biocentrer
L’extrinction de masse est irréversible, mais il est urgent de sortir de notre vision anthropocentrique et spéciste du monde, et non seulement de reprendre notre juste place parmi les vivants mais de déployer toute notre énergie à préserver la biodiversité. Il en va de notre survie autant que de la leur.

6. S’aimer
La situation critique dans laquelle l’humanité se trouve exacerbe les tensions, les peurs, les haines. Opposons-y l’amour, la fraternité, la solidarité. Il n’y a qu’ensemble, soudés et connectés que nous aurons des chances d’encaisser le choc à venir. Engageons-nous collectivement, entraidons-nous, partageons, transmettons, apprenons les uns des autres. Et tâchons de nourrir ce qu’il y a de meilleur en nous.

On peut trouver cette fin contradictoire avec le démontage en règle de toutes ces actions dans les pages précédentes. Mais non. Il ne s’agit pas ici de tenter d’empêcher quoi que ce soit, de penser que l’amour de son prochain, du vivant, la solidarité, le combat ou la sobriété enrayerons la machine.

La catastrophe, selon l’auteur, est inéluctable. Notre responsabilité désormais, et notre seul espoir, est d’amortir le choc.

D’ailleurs, ce n’est pas d’espoir dont nous allons avoir besoin, c’est de courage. Car ne nous fourvoyons pas, quoiqu’il advienne « ce sera très vraisemblablement au prix d’une impitoyable sélection naturelle qui laissera des milliards d’humains et de non-humains sur le carreau. »

En conclusion ?

J’ai dévoré cet ouvrage la boule au ventre. Je l’ai trouvé percutant et nécessaire. Il tombait aussi à point nommé en cette période un peu amère où nous semblons nombreux à déplorer une difficulté manifeste à se sortir du système actuel et à proposer des actions réellement radicales au sein des cercles écolos.

J’avoue que ça m’a aussi un peu abattue. Mon qui nourrissais de folles envies d’utopies, de récits positifs, de rêves de lendemains meilleurs, lire ces quelques pages m’a quelque peu stoppée dans mon élan, parce que bien entendu, je le trouve pertinent, ce Mr Gancille. Pessimiste, mais pertinent.

Ce n’est qu’après avoir fini cette fiche de lecture que j’ai vu que c’était le co-fondateur de DARWIN. C’est marrant le contenu de ce bouquin et l’image que je me fais de cet espace et de ses ambitions ne collent pas vraiment.

Qu’importe, je vous conseille de toute façon d’ouvrir ce livre, de préférence un jour où vous vous sentez solide !

2 réflexions sur “ [Fiche de lecture] Ne plus se mentir de Jean-Marc Gancille : inévitable effondrement ”

    1. LEs EP sont les ER, bien sûr, énergies renouvelables ! Erreur corrigée !
      Un grand merci pour le beau compliment qui me touche beaucoup

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