Le Zero dechet : mon rite de passage

Il y a maintenant 8 mois que je me suis lancée dans le Zéro Déchet.

Je mesure aujourd’hui qu’il y a eu un avant et un après. Vraiment.

La démarche ZD a été pour moi un rite de passage qui m’a éveillé à une conscience écologique que je gardais jusque-là enfermée à double tour dans un coffre caché dans un recoin de mon cerveau.

J’évitais soigneusement d’entendre et de savoir quoique ce soit sur le sujet. Je refusais de voir les documentaires, de me renseigner sur l’état des choses. Forcément, ça se ressentait sur ma vie quotidienne, puisqu’en dehors d’acheter un peu bio, je prenais allègrement l’avion, mangeait de tout, prenait ma voiture à tout va, j’en passe et des meilleures. Déni total.

Mais à la minute où j’ai décidé d’ouvrir ce blog avec Marlène, où j’ai plongé un demi orteil dans ce nouveau monde du ZD, quelque chose s’est fendu. Une brèche qui a laissé passer un intérêt grandissant pour l’écologie. Orienté zéro déchet et mode de vie au quotidien, d’abord, mais avec très vite l’envie de creuser, creuser, creuser, pour comprendre le problème dans toute sa complexité, comprendre comment tout s’imbrique, comment tout est lié, et ce qu’on peut y faire.

Cet engagement personnel, à travers ma consommation, c’était la première pierre. Mon pied à l’étrier. Celui qui m’a permis de prendre conscience que je ne pouvais plus fermer les yeux et qui me les a ouverts sur tout un tas de sujets.

Les 4 premiers mois de transition n’ont pas été simples. J’ai désencombré, trié, visité les fermes et les magasins de vrac des environs, adopté le vélo, testé des nouveaux produits, et éliminé 75% de mes poubelles plastique. J’ai beaucoup tâtonné, et remis en question.

J’ai appris, aussi, énormément. J’ai épluché des blogs entiers, lu une bonne demi douzaine de bouquins, rejoint des groupes Facebook dont je lisais chaque post.

Et puis progressivement, je suis arrivée à un rythme de croisière. Tout était en place, en tout cas tout ce que je me sentais les capacités et l’énergie d’adopter. On est loin du ZERO déchet évidemment, c’est encore perfectible et j’ai encore plus d’un tour dans mon sac (par exemple, manger moins de produits laitiers ou avoir, un jour, mon potager).

Mais dans l’ensemble, je suis satisfaite. Et en tout cas, j’estime être bien au courant des trucs et astuces pour avancer vers le Zéro Déchet.

Et même, j’ai l’impression d’avoir fait le tour. Il est rare, maintenant, que je tombe sur un post sur le sujet sur les réseaux sociaux ou les blogs où je me dis « tiens ça je savais pas du tout ». Non pas que je me considère experte, loin de là, mais suffisamment pour que, à mon échelle, je puisse mettre en place ce que j’estime nécessaire.

Pour être honnête, au bout de 5 ou 6 mois, je me suis lassée. Des énièmes recettes de produits ménagers que je ne testerai pas parce que trop la flemme, des nouvelles marques de savon ou de vêtements éthiques, des questions de logistique… en fait, paradoxalement, je ne valorise pas suffisamment les « choses » pour que tout ça me botte. Je m’en fous, de l’odeur de mon shampoing ou de mon produit vaisselle, de la couleur de mes torchons, ou de la déco de ma gourde. Je me suis équipée quelques mois après avoir commencé ma démarche. Les cosmétiques, les fringues, ça m’a jamais intéressée. J’ai acheté les produits ménagers et d’hygiène de base, testé plusieurs shampoings avant de trouver celui qui me convient, fait plusieurs boutiques pour trouver mes régulières, cherché une bonne gourde, fait faire mes sacs à vrac et mes SHL. Mais maintenant que tout ça est validé, je n’ai plus envie d’acheter, de découvrir de nouveaux produits, je n’en ressens pas le besoin.

Et je n’arrive plus à me passionner pour les petites modifications que je peux apporter chaque jour à mon quotidien pour être encore un peu plus zéro déchet. Je me suis même un peu moins dans l’extrême qu’au début, j’ai lâché du lest sur certaines choses.

En revanche, j’ai commencé à m’intéresser à des sujets plus larges autour du système dans son ensemble, des enjeux auxquels on est confronté à toutes les échelles.

J’ai eu très vite envie d’aller plus loin dans ma démarche. De dépasser ces actions personnelles pour m’interroger sur un engagement collectif, sur la façon d’avoir un impact sur une transformation plus globale.

Et là…je suis vite tombée sur un os.
Que faire ? Comment faire ? Par où commencer ? Avec qui ? Sur quel sujet ? En offrant quoi ?

Tout ça est encore très flou.

Ne pas savoir comment donner corps à cette envie me donne même un sentiment d’impuissance que je ne ressentais pas avant.
Comment moi, petite humaine sans influence particulière, je peux non seulement devenir grain de sable pour enrayer la grande machine qui fait tourner notre monde d’aujourd’hui, mais aussi actrice de ce qu’il peut devenir demain ?

Je ne sais pas encore. En revanche, je sais maintenant que je ne parlerai plus beaucoup zéro déchet par ici pour me pencher justement, sur cette question, et trouver des pistes pour que chacun, à son échelle, puisse choisir de s’engager pour la planète.

Vaste programme.

Une réflexion sur “ Le Zero dechet : mon rite de passage ”

  1. Chapeau bas sur cette année de changement dans ta vie !

    En ce qui concerne les actions collectives, j’étais aussi à la recherche d’un groupe vers Lindau mais je n’ai rien trouvé. J’étais même plutôt déçue du faible intérêt de mes amis quand je parlais de ce sujet. Peut-être que c’est à vous de lancer un groupe (une branche d’une plus grande structure comme Alternatiba par exemple) et de rassembler les motivés ? 😉

    Bon courage. Vu de Chine, il y a encore énormément de boulot !
    Angélique

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