pourquoi le zero dechet

Un premier pas

Ça me travaille depuis un moment. Chaque fois que j’achète des chinoiseries, que je jette des montagnes d’emballage, que je vois s’amonceler des tonnes de choses dont je n’ai pas besoin ou que j’achète en hiver au Lidl des tomates bio même pas rouge emballées dans une barquette. Je me dis “quand même…ça craint”.

J’ai mis le temps à me réveiller.


Pas franchement par ignorance puisque je n’avais aucun doute sur la nocivité du plastique, de tous ces déchets qu’on amasse ou des fruits et légumes venus de l’autre bout du monde….
Pas franchement, mais un peu quand même, parce que je ne mesurais pas vraiment l’impact de mes habitudes, tout en évitant soigneusement de trop en apprendre sur le sujet. Au point de n’avoir jamais entendu parler du mouvement “zéro déchet” jusqu’au mois dernier !

Je n’avais pas très envie de savoir. L’innocence bienheureuse, voyez-vous. Je savais que si je soulevais un peu le tapis, j’allais découvrir tout un tas de monstruosités cachées là-dessous alors je préférais le garder bien en place. Et continuer ma vie en me contentant du minimum syndical : manger bio, à peu près de saison, plutôt local, privilégier la seconde main…

Et puis je l’avoue, je n’avais pas envie non plus de remettre mon mode de consommation en question. J’ai fait quelques petits changements, avant tout par souci de santé plus qu’écologique, mais rien de radical. Si c’était trop compliqué ou exigeant pour mon confort, je freinais des quatre fers. Par flemme. Par conviction qu’on court à notre perte, et que de toute façon, l’humanité ne se réveillera jamais suffisamment tôt pour se sauver elle-même. Tout en me mettant en plein dans ce sac-là, puisque je reconnaissais volontiers que si même les gens comme moi – qui, objectivement, ont les moyens de faire des choix – ne s’y mettent pas, que pouvait-on espérer à l’échelle mondiale ?

Bref, je n’étais pas fière de moi mais je ne bougeais pas non plus et je l’avouais avec un certain fatalisme.

Et puis, il s’est passé un truc.
Peut être que c’est le fait d’avoir des enfants qui rend plus responsable et réveille la conscience.
Peut être qu’il fallait juste que cela fasse son chemin. Que je mûrisse pour dépasser cette mauvaise excuse universelle : “de toute façon qu’est-ce que ça change à l’échelle d’une personne ?”.
Peut-être que c’est ma rencontre avec Marlène qui m’a décidé à enlever mes oeillères et à regarder les choses en face.

En tout cas, depuis qu’on a décidé de se lancer dans ce blog, j’ai eu comme un déclic. Je ne me suis pas mise à balancer toutes mes bouteilles de shampoing et à brûler les emballages en plastique (c’est déconseillé), mais cette intention nouvelle colore déjà mes actions quotidiennes. Comme quand on découvre soudainement une fissure dans son mur qui était là depuis des années, et qu’on ne voit plus que ça. En décidant d’ouvrir les yeux, j’ai l’impression d’ouvrir en même temps la boîte de Pandore sur toutes les absurdités de mon mode de consommation.

J’ai réalisé que rien ne justifiait que je ne fasse pas ma part et que rien ne me donnait le droit d’exploiter la planète. Attendez, je ne suis pas sortie du bois, comme diraient les Québecois. J’en suis pour l’instant au stade de l’intention, la route est encore longue. Mais c’est un début.

Même si je continue de me dire que c’est une goutte d’eau dans l’océan, aujourd’hui, je suis convaincue du pouvoir que nous avons tous, à notre propre échelle.
Pour commencer, si tout le monde consommait mieux, la planète respirerait évidemment mieux. Or, pour atteindre un effet de masse, il faut bien partir de quelque part. C’est illusoire de penser que tout le monde s’y mettra en même temps après un réveil collectif. Il faut des pionniers (et sur le thème de l’écologie, il y a des gens admirables qui agissent depuis belle lurette). Il faut des suiveurs. Puis il faut espérer que, petit à petit, cela devienne la norme par effet boule de neige : plus de personnes le font, plus de services adaptés voient le jour (magasins de vrac, marques bio, écolo, éthiques, locales…) ce qui permet à un nombre encore plus important de personnes de rejoindre le mouvement.

Les petits ruisseaux…

En tant qu’individu, nous détenons une arme d’action massive : le pouvoir du consommateur. Puisque l’argent est le nerf de la guerre, si demain tout le monde se mettait à boycotter les produits dégueulasses et dangereux pour l’environnement, ou à exiger une vraie transparence, les entreprises seraient bien obligées pour survivre de revoir leur copie.

On avance souvent l’excuse, pour éviter de changer ses propres habitudes, que ce sont les entreprises qui polluent le plus, s’en tamponnent le coquillard, et n’ont pas l’intention d’y remédier si cela leur coûte plus cher. Ce qui est vrai. Mais à défaut de pouvoir leur forcer la main par des lois, on peut le faire en utilisant leur talon d’Achille : notre porte-monnaie.

Je compte utiliser cette arme pour participer au changement, en adoptant un mode de vie et de consommation plus respectueux de la planète.

Ça c’est pour la noble intention.
Maintenant mettons les points sur quelques “i”. Vous l’aurez compris, contrairement à Marlène, je pars de trèèèès loin. J’aborde cette aventure avec humilité. Je ne prétends pas devenir miss Green 2019, loin de là. Je n’ai pas la prétention d’adopter un mode de vie zéro déchet en un mois, ni même en six. Je sais que le changement se fera progressivement, que si je veux pouvoir aller loin, j’ai besoin de ménager ma monture (c’est-à-dire moi-même).

Pour atteindre un objectif, on a généralement intérêt à accumuler une multitude de petits pas plutôt que trois pas de géants. Parce qu’avec les pas de géant, on risque de ne même pas décoller le premier pied. Et puis, entre mes deux enfants en bas âge et un mari pas franchement franchement emballé par l’idée de tout bouleverser pour l’instant, ça ne s’annonce pas simple.

Je vais donc aller à mon rythme, en respectant aussi mes besoins. Je n’ai pas l’intention de donner des leçons à qui que ce soit puisque je suis là pour les apprendre moi-même.

Au-delà de changer mes habitudes, j’ai aussi envie de comprendre l’impact réel de mon mode de consommation et de vie et d’explorer les freins et obstacles dans mon effort pour le réduire. Le tout avec une bonne dose d’optimisme parce que je sens que cette aventure va me mettre face à tout un tas de contradictions et me secouer le cocotier.

Je trouve qu’il y un potentiel de créativité de folie à vouloir réinventer son mode de vie, qu’il y a quelque chose de jouissif à innover, à fabriquer ses propres produits, à chercher des solutions et je sens qu’on va bien se marrer.

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