« Zéro Déchet » de Béa Johnson : synthèse, avis et points clés à retenir

Une de mes premières actions quand je me suis lancée dans une démarche de réduction des déchets a été de lire les livres phares sur le sujet. Parmi eux, l’incontournable de Béa Johnson, figure de proue du mouvement ZD.

Commeeeent ? Mais comme c’est original ! Oui, je sais, mais je débarque, moi. Il y a trois mois je ne connaissais même pas l’existence de Béa Johnson.

Béa Johnson est une française, mariée à un Américain et installée à San Francisco. Pendant plusieurs années, la famille Johnson s’est laissée séduire par l’American Way of Life…qui, on le sait, n’est pas des plus écolos. Baraque immense dans la banlieue, shopping mall en guise de sorties récréatives, gadgets, 4×4 et compagnie. Une poubelle de 240 litres remplie par semaine et 2 frigos !

Un beau jour, nostalgiques du centre ville, de ses avantages et de son animation, ils décident de retourner y vivre et stockent leurs possessions dans un garde meuble le temps de trouver la maison de leur rêve. Pendant un an, ils les y oublient sans qu’elles ne leur manquent.

Cette période marque un tournant : libérés de leurs biens matériels, ils constatent qu’ils ont plus de temps pour le reste (gagné sur le ménage, l’entretien de la maison ou la tonte de la pelouse), et une meilleure qualité de vie. Lorsqu’ils trouvent enfin leur nouvelle demeure (130m2 tout de même), ils décident de se débarrasser petit à petit de 80% de leurs possessions.  Ils cessent de faire du shopping pour passer le temps et renouent avec des plaisirs plus simples tout en se penchant avec plus d’attention sur les questions environnementales.

Le réveil est un peu brutal. Cette transition leur ouvre les yeux sur l’absurdité du train de vie qu’ils avaient menés toutes ces années. Scott Johnson, le mari de Béa, décide alors de monter sa société de conseils en développement durable, tandis que Béa entreprend une révolution au foyer.

Réduction de plastique, passage au bio, puis au local, puis au vrac, puis au lavable, puis au compost, puis aux alternatives naturelles aux produits d’hygiène, de beauté, d’entretien. Petit à petit, elle pousse sa démarche de plus en plus loin, se met à amener ses bocaux chez les commerçants, à faire ses conserves.

S’en suit une phase de zérodéchétisation frénétique et radicale de tous les pans de sa vie, allant jusqu’à fabriquer ses propres polycopiés et à faire des kilomètres pour trouver de nouveaux magasins de vrac.

Puis, nouvel électrochoc salutaire. Lors d’un séjour en France pour les vacances, elle réalise qu’elle s’est quelque peu enfermée dans cette quête du ZD, et que sur le long terme, tout ceci n’est guère tenable. Trop chronophage, trop prise de tête. D’autant que le fait maison n’est parfois même plus cohérent en termes de ZD. Elle décide donc de lever le pied et de revoir ses exigences à la baisse pour centrer sa démarche ZD sur deux pivots : la simplification et le minimalisme.

C’est d’ailleurs ce qui fait toute l’originalité, à mon sens, de sa méthode. Il ne s’agit pas uniquement de « naturaliser » notre consommation en optant pour des alternatives les plus écolos possibles. Le processus ZD préconisé par Béa Johnson passe d’abord par réduire. Passer au crible ses possessions et sa consommation, pour éliminer le superflu et ne garder que l’essentiel.

C’est une des cinq règles de base érigées par Béa Johnson, que tout adepte du Zéro Déchet connaît : refuser, réduire, réutiliser, recycler, composter.

A son retour de France, Béa rationalise donc ses habitudes et choisit ses batailles. Si elle achète toujours en vrac (sauf le beurre, seul produit alimentaire acheter sous emballage), elle ne s’obstine plus à tout faire elle-même. Petit à petit, elle trouve son rythme, ses routines, au point que leur nouveau mode de vie ne pose plus aucune contrainte et ne présente à ses yeux que des bénéfices : gain de temps et d’efficacité, économies mais aussi un quotidien synonyme d’équilibre et porteur de sens.

En 5 ans, les changements opérés ont permis aux Johnson d’économiser 40% sur leurs dépenses annuelles.

Pour l’auteure, la démarche ZD a révolutionné sa vie. Elle l’a extirpée – sauvée, dirait-on presque – du matérialisme et des expériences superficielles.

Son livre est une synthèse des tâtonnements, essais et erreurs qu’elle a pu faire en cours de route et des solutions les plus écologiques et durables, pour la planète et pour sa famille, auxquelles elle est parvenue.

Forte de son succès (ce bestseller à fait d’elle la « papesse du ZD »), Béa Johnson a entrepris de porter son message au-delà des frontières et sillonne régulièrement le globe pour donner des conférences.

Mon avis sur « Zéro dechet »

J’ai lu de nombreux témoignages de personnes pour qui Zéro Déchet a été une révélation.

Et en effet, le livre de Béa Johnson est une mine de conseils et d’astuces ultra pratiques pour avancer vers une réduction des déchets. Pour beaucoup, son bouquin est même LA bible du ZD.

Il est facile d’accès, sans exposé complexe, et très orienté pratico-pratique. Béa Johnson passe en revue chaque aspect de la vie quotidienne, dans les moindres détails : la cuisine, les courses, la salle de bain (produits d’hygiène, de beauté, de bien-être), la chambre à coucher, la garde robe, le ménage et l’entretien, le bureau et l’administration, les enfants et l’école, les fêtes et les cadeaux, et enfin les sorties.

Si certains déplorent des habitudes et un mode de vie trop radicaux, cela ne m’a absolument pas choquée. Je pense qu’aucune habitude ne peut être trop extrême tant qu’elle est mise en place pour les bonnes raisons, reste cohérente avec la démarche globale, et que la solution de remplacement est réellement écologiquement meilleure tant pour l’environnement que pour nous-même (c’est-à-dire qu’elle est viable sur le long terme sans risquer de frôler le burnout). Même faire son beurre ou ses polycopiés ne me choque pas outre mesure, tant qu’il ne s’agit pas d’y passer 3 jours pour créer 4 feuilles, de faire 50km pour trouver la matière première ou de remplacer côté déchet un emballage compostable de beurre par deux bouteilles de lait en Tetra Pak…

C’est d’ailleurs pour cela que la démarche ZD reste très personnelle. Ce qui convient à une personne ne conviendra pas forcément à une autre. Il n’y a pas de méthode universelle à copier-coller chez soi pour un succès assuré. Béa Johnson le dit bien et dès le départ. C’est à chacun, en fonction des ses propres ressources, des produits locaux disponibles en vrac, de son temps libre et de ses capacités, de trouver son équilibre et d’établir de nouvelles habitudes.

Preuve en est, certaines des habitudes de Béa Johnson feraient bondir le cœur de fervents écolos, notamment les kilomètres parcourus en avion pour faire connaître le ZD  (un coup d’œil à son Instagram suffit pour constater qu’en effet, elle voit du pays) ou encore le fait qu’elle ne soit pas végétarienne. Loin de botter en touche sur ces sujets, Béa assume et revendique. Ce n’est pas parce qu’on est dans une démarche ZD qu’il faut se priver de tout.

« Ce qui compte à nos yeux, ce n’est pas ce que les gens pensent mais ce que notre style de vie nous apporte, à nous.  (…) Ce livre ne vise pas à vous faire atteindre le zéro déchet absolu : compte tenu des pratiques industrielles actuelles, il est évident que cela est impossible aujourd’hui. Mais le zéro déchet est un idéal, un objectif auquel on peut tenter de se rapprocher au maximum. Tous les lecteurs de cet ouvrage ne pourront pas mettre en pratique l’intégralité des conseils prodigués dans ces pages, ni réduire leurs déchets domestiques à un bocal d’un litre par an, comme le peut ma famille. (…) Mais tout le monde peut effectuer quelques changements dans sa vie. Après tout, ce qui importe, c’est de comprendre l’impact que notre pouvoir d’achat a sur l’environnement et d’agir en conséquence. Tout pas vers le développement durable, si moindre soit-il, aura un effet positif sur notre planète et notre société. » Extrait de Zéro déchet

L’auteure ne fait pas gourou, comme certaines figures américaines du développement personnel. Elle ne fait pas non plus moralisatrice dans le sens où elle n’essaie pas de culpabiliser ceux qui ne se bougent pas. Elle partage son cheminement et les solutions qu’elle a mis en place, sans chercher à nous convaincre du bien-fondé du ZD.

Bref, l’ouvrage est riche et le chemin parcouru par Béa Johnson admirable.

Ceci dit, je n’ai pas été transportée par son livre.

L’accent mis sur le minimalisme m’a plu. C’est la marque de fabrique de la méthode Béa Johnson et c’est un point selon moi central à une démarche ZD. Remplacer, c’est bien. Passer au solide, au vrac, c’est super. Mais au final si on reste sur le même rythme de consommation, on continue à alimenter la machine. Une machine plus verte, plus respectueuse de la planète peut être mais qui continuera tout de même à en utiliser les ressources à un rythme effréné. Pour enrayer cette machine, il faut surtout qu’on apprenne à consommer moins. Et ce message-là, l’auteure le fait bien passer…

Son intérieur en est d’ailleurs l’emblème. Immaculé, épuré voire dépouillé, pas un bocal ne dépasse. On se demanderait presque à voir les images si l’endroit est habité ou si ce n’est pas une mise en scène de catalogue. S’il est l’incarnation de sa méthode, cet intérieur m’a aussi fait le même effet que la lecture du livre : efficace, fidèle à la démarche, mais manquant de chaleur.

La façon dont Béa Johnson raconte son histoire me fait penser à une transition de Desperate Housewives à Conscious Housewives. Il y a, je trouve, un côté très Américain dans sa philosophie et la façon dont elle présente le ZD. Quelque chose d’un peu superficiel, pas dans les actions en elles-mêmes mais dans ce qui en est dit et pourquoi elles sont entreprises. Comme si on faisait du ZD non pas par conviction, mais pour la beauté du geste.

Béa Johnson fait le choix de passer rapidement sur l’impact du ZD sur le plan environnemental, puisqu’il est évident. Elle l’annonce elle-même : « Zéro Déchet n’est pas un ouvrage scientifique. Les statistiques et les données brutes, ce n’est pas mon truc. De nombreux auteurs ont déjà brillamment analysé et démontré la nécessité, pour notre société, de passer au zéro déchet. »

Elle préfère mettre en avant le fait que ses bienfaits se ressentent sur la qualité de vie. C’est, selon elle, un angle bien plus puissant pour convaincre les foules d’adopter ce mode de vie (et elle a certainement raison à en croire son succès !).

Dans une de ses interventions, elle dit aussi “je pense que si des gens sont attirés par ce mode de vie c’est parce qu’on le présente de manière simple, moderne, épurée. Les photos faites dans notre famille montrent qu’on vit comme tout le monde, sans être des babas cool. Je porte des talons. Les gens s’identifient.” Ce vernis très marketing, c’est à la fois ce qui fait la force de Béa Johnson et à la fois la raison pour laquelle ça manque parfois, selon moi, de profondeur.

Car, pour ma part, si je me suis lancée dans la démarche ZD, c’est avant tout par souci écologique. Si au bout du compte, cela me simplifie la vie et allège mon porte-monnaie, tant mieux. Mais ce n’est pas pour ça que je le fais. Donc lorsque je me renseigne, j’ai besoin de savoir pourquoi telle alternative est mieux qu’une autre d’un point de vue écologique, et pourquoi celle-ci est à éviter. J’ai envie d’être sûre que mes choix sont cohérents (suggérer Amazon comme site de vente d’occasion m’a par exemple semblé aberrant). C’est ça qui fait vibrer ma corde sensible. Or, je ne l’ai pas retrouvé dans ce bouquin qui offre peu de pédagogie et d’informations à ce niveau. 

Je ne doute bien entendu pas une seconde que les Johnson soient fermement engagés dans les causes environnementales et parfaitement au courant des enjeux. L’angle choisi par Béa Johnson est tout à fait assumé. Simplement…il ne me parle pas.

Autre écueil selon moi : on a parfois l’impression, à la lecture de Zéro Déchet, qu’il suffit de décider de changer pour que tout coule de source.

« Le profane peut imaginer que le zéro déchet prend beaucoup de temps et coûte cher (comme c’était mon cas), pourtant, on ne saurait être plus loin de la vérité ! ». Extrait de Zéro Déchet 

Béa Johnson ne cesse de répéter que le ZD est un gain sur toute la ligne, notamment en temps, en argent et en énergie mentale, mais ce n’est pas toujours vrai au début. Pendant toute la phase de rodage, c’est même souvent plutôt l’inverse. Beaucoup de temps passé à trouver les bons magasins, à se faire la main aux nouvelles recettes et habitudes, à trouver sa routine. Beaucoup d’énergie mentale à se renseigner, chercher les infos pour comprendre vraiment les enjeux et faire les meilleurs choix possibles.

Quant aux économies, cela dépend fortement de nos habitudes de consommation au départ. Quelqu’un qui consommait déjà peu ou de manière raisonnable mais avait l’habitude de se fournir en discount non bio verra forcément sa note grimper s’il passe au tout bio, tout local, même en vrac ! Les produits de qualité se paient et cela se vérifie partout.

L’auteure a l’avantage de vivre non seulement une grande ville américaine, mais San Francisco qui plus est, où les politiques de recyclage et la disponibilité des produits rend la démarche plus accessible. Pour quelqu’un qui habite en rase campagne, ça peut être bien plus compliqué de trouver du vrac.

Donc le ZD facilite la vie, oui, mais une fois que tout est en place, ce qu’elle oublie souvent de préciser. Avant cela,  il y a un cap à passer et la route est plus ou moins longue et semée d’embûches. Il faut réussir à s’accrocher et avoir de l’énergie à y déployer.

Bien sûr, je crache un peu dans la soupe. On ne se refait pas, j’ai l’esprit de contradiction.

Béa Johnson a indéniablement grandement contribué à faire connaître le ZD et pour cela, je lui tire mon chapeau. Ce qu’elle est parvenue à accomplir dans sa propre vie est tout aussi admirable.

Cependant, si lorsqu’elle a sorti son bouquin elle faisait partie des pionniers du ZD, aujourd’hui le mouvement a pris de l’ampleur. Les blogs, livres et autres ressources poussent comme des champignons. D’ailleurs, j’ai lu ce livre après avoir écumé plusieurs centaines d’articles, de posts de groupes Facebook spécialisés, et lu le livre de la Famille Zéro Déchet et j’y ai appris très peu de choses nouvelles (à part les recettes de cosmétiques maison).  

Je pense que Zéro Déchet est un bon pied à l’étrier pour zérodéchétistes débutants, qui ont besoin de conseils et astuces à mettre en application dès aujourd’hui dans leur quotidien et ne souhaitent pas se pencher outre-mesure sur la question environnementale, ou tergiverser sur les meilleures solutions possibles.

Pour ceux qui souhaitent creuser un peu plus loin dans le pourquoi du comment, je leur conseillerais de faire l’impasse.

Quoiqu’il en soit, ce livre se lit selon moi non pas comme un roman mais comme un guide à garder sous le coude pour y piocher une info précise ou se concentrer sur un chapitre à la fois (sous peine sinon de risque l’indigestion de conseils pratiques comme ce fut mon cas après le premier tiers !).

L’essentiel à retenir des conseils de Béa Johnson.

Les 5 commandements du ZD 

1/ Tu refuseras ce dont tu n’as pas besoin.

Il y a énormément de déchets dits indirects, qu’on produit sans pour autant acheter. Tous les jetables, ce qu’on nous donne, tous les objets à usage unique (sacs plastiques, bouteilles, pailles, couverts…).

Ils ont été conçus pour être éphémères, fabriqués dans l’intention précise de servir 30 secondes avant de finir à la poubelle (si ça c’est pas absurde).  On les accepte par habitude ou parce qu’on n’ose pas dire non. On ne les paie pas, mais on finit tout de même par les jeter.

Donc règle de base : on refuse tout. Y compris les cadeaux gratuits, les échantillons, les goodies, les prospectus. L’idée étant que si tout le monde refusait, ces objets gratuits resteraient sur les mains de ceux qui les distribuent…qui cesseraient de les distribuer.

2/ Tu réduiras ce dont tu as besoin

En réduisant, on prend le problème à la racine. Le fait est que la Terre n’a pas les ressources suffisantes pour soutenir notre consommation. Chaque année, le jour du dépassement arrive de plus en plus tôt. La seule façon d’y remédier c’est de simplifier.  Et donc de changer radicalement ses habitudes de consommation pour ne garder que ce dont on a vraiment besoin (un sentiment relatif. Certains diront qu’on n’a besoin de pas grand-chose. De quoi s’alimenter juste ce qu’il faut, le minimum à se mettre sur le dos. D’autres argumenteront sur l’importance de ne pas se priver de tout).  

Première étape de la réduction : faire le vide. Désencombrer.

Il s’agit de passer à la loupe toutes ses habitudes pour se demander comment faire moins. On opte pour la qualité, le réparable, le durable.  Et pas juste le matériel, mais aussi l’énergie, les activités…

Double effet Kiss Kool : c’est autant de temps gagné en ménage, rangement et recherche frénétique d’objets, et en énergie mentale puisqu’on se préoccupe moins ses possessions, de perdre, casser.

9 questions à se poser pour faire du tri

Béa Johnson propose un processus de tri qu’elle applique à tous les volets abordés dans son livre. Une série de question à se poser au moment de désencombrer, pour sélectionner ce qu’on garde et ce dont on se débarrasse (en donnant, vendant, recyclant) :

  1.  Cela fonctionne-t-il encore ? Est en bon état ? Est-ce périmé ? Si c’est cassé, soit on répare tout de suite soit on s’en sépare.
  2. Est-ce que je l’utilise régulièrement ? L’ai-je utilisé le mois dernier ? Vous ne savez pas ? Notez la date dessus, remettez le dans un placard et si au bout d’un mois il ne vous a pas manqué, zou ! ça part.
  3. En ai-je plusieurs ?
  4. Cela met-il la santé de ma famille en danger ? Pour chaque volet, il existe des substances chimiques à éviter et des mises en garde à connaître. En cuisine, ce sont le Téflon, l’alu et le plastique qu’il faut fuir à tout prix,
  5. Est-ce que je le garde par culpabilité ? On a parfois du mal à jeter ce qui nous a été offert. C’est comme si on trahissait la personne qui nous l’a donné, comme si on bafouait sa mémoire. C’est important de réussir à dépasser ce sentiment.
  6. Ce que je le garde parce que « tout le monde en a » (et qu’on ne s’est du coup pas franchement posé la question de son utilité, ou qu’on se dit que s’en débarrasser serait socialement pointé du doigt)
  7. Mérite-t-il que je consacre du temps à le nettoyer (ou à l’entretenir en général) ?
  8. Pourrais-je utiliser cet espace pour autre chose ?
  9. Est-ce réutilisable ? Si ce n’est pas le cas, cela peut-il servir à quelqu’un d’autre ?

3/ Tu réutiliseras ce que tu consommes

Contrairement au recyclage qui consiste à transformer un produit pour en créer un autre, la réutilisation consiste à utiliser ce même objet plusieurs fois sous la forme d’origine (ou sous une forme légèrement modifiée, comme utiliser une poissonnière en métal en guise de jardinière en y perçant des trous).

Elle permet de réduire la consommation d’objets neufs et donc l’utilisation de ressources allouées à la fabrication.  

Cette réutilisation passe par exemple par :

  • Privilégier les produits durables, réparables ou rechargeable. Un stylo plume plutôt qu’un stylo bille, des piles rechargeables plutôt que jetables…
  • Trouver des alternatives réutilisables au jetable : sacs en tissu au lieu des sacs en plastique, gourdes au lieu des bouteilles en plastique…
  • Opter pour la location, le partage ou la co-propriété. De nombreux services se sont développés ces dernières années, de sorte qu’on peut aujourd’hui louer tout un tas de choses, de sa voiture à son appareil à gaufre en passant par ses outils ou ses chaises (entre particuliers, c’est mieux).
  • Le troc et l’achat d’occasion (vide-greniers, Le Bon coin, Emmaüs…)
  • Faire preuve d’un peu de créativité pour donner une seconde vie à certains objets destinés au rebus. Upcycler, transformer. Un vieux T-shirt fait un bon chiffon, une vieille échelle peut faire office d’étagère, etc.

4/ Tu recycleras ce que tu ne peux ni refuser, ni réduire, ni réutiliser

Béa Johnson cite : « Le recyclage est un cachet d’aspirine qui tenterait de soulager une gueule de bois collective plutôt sévère… la surconsommation. » William McDonough, Cradle to Cradle.

Le recyclage est parfois vu comme la solution pour passer au ZD. D’ailleurs, il y a un certain flou qui est entretenu par certaines figures du ZD qui brandissent fièrement leur fameux « bocal annuel à poubelle » : on ne sait pas toujours quelle quantité est partie au recyclage.

Le Zéro Déchet, rappelle Béa Johnson, ne consiste pas uniquement à opérer une transition vers des matériaux recyclables. Le recyclage, s’il vaut toujours mieux que le fait de jeter purement et simplement, reste gourmand en ressources.  Ce qui est recyclé reste un déchet. Auquel on donnera une seconde vie, certes, mais un déchet quand même qui devra être traité. La démarche ZD consiste plutôt à éviter autant que possible de produire tout déchet quel qu’il soit. 

A nous de veiller à sélectionner nos achats de sorte qu’ils soient le plus recyclable possible (pas uniquement au niveau des emballages mais des produits en eux-mêmes).

5/ Tu composteras le reste

Un tiers des déchets ménagers sont organiques. Le compostage n’est plus réservé aux chanceux qui peuvent balancer leurs ordures aux poules ou au fond du jardin. Il existe aujourd’hui plusieurs solutions pour composter qu’on habite en ville ou à la campagne, avec ou sans jardin.

Béa Johnson propose un tableau très complet de comparaison des types de compostage.

Et lorsqu’on achète ?

Avant d’acheter quoique ce soit, on se pose trois questions :

1/ Est-ce que j’en ai vraiment besoin ? Si ce n’est pas le cas, je n’achète pas.

2/ Si oui, est-ce que je n’ai pas déjà quelque chose qui peut combler ce besoin ?

3/ Si ce n’est pas le cas, quelle est l’alternative la plus écologique parmi les solutions possibles ? Qu’est ce que je peux acheter de plus naturel, qui engendrera le moins de déchets possibles, et qui est au maximum recyclable ?

Astuces pour s’organiser au quotidien

Béa Johnson livre tout un tas de conseils et astuces pour mieux s’organiser, faire ses courses, ranger… Je ne vais pas chercher à résumer parce que la plupart relève du bon sens. Mais pour chaque volet je vais sélectionner quelques astuces qui m’ont plu et semblé intéressantes (et originales). Aujourd’hui, les blogs et bouquins sur le ZD poussent comme des champignons (Verda Mano inclus) dans lesquels on trouve également tout un tas d’astuces.

La cuisine et les provisions

On se débarrasse de tous les gadgets inutiles dont on se sert une fois tous les 36 du mois et qu’on a tendance à accumuler dans l’espoir de se simplifier sa vie, et on remplace le jetable (dont les cuisines ne manquent pas) par du réutilisable.On opte pour des alternatives durables et solides. Pourquoi pas du matériel de pro, d’occasion.

Curieux de savoir ce qui se trouve dans la cuisine de Béa Johnson ? Tout est détaillé dans son livre.

Astuces pour le recyclage :

Dressez une liste de ce qui va où et collez-la sur vos poubelles, sur le frigo ou l’intérieur de votre placard.

Astuces liste de course :

Suspendre deux bandes de papier sur un mur, un tableau ou le frigo et faire deux listes : une pour les provisions, l’autre pour les courses diverses et autres tâches à ne pas oublier (comme passer chez le teinturier). Les remplir en commençant par le bas pour ne couper que le nécessaire sans gaspiller du papier.

Conseil pour faire accepter vos propres contenants par les commerçants 

(Parce qu’au début on n’est pas toujours à l’aise pour demander)

Faites-le le plus naturellement du monde sans vous excuser, justifier ou sous entendre que vous leur demandez là un immense service. Tendez votre Tuptup’ et dites simplement « 200g de fromage là-dedans s’il vous plaît ». Quand on lui demande pourquoi, Béa Johnson répondre qu’elle n’a pas de poubelle chez elle. Cela me semble tout aussi valable d’expliquer qu’on n’a pas besoin des emballages ou qu’on ne souhaite pas les utiliser.

Astuces courses : numéroter sa liste de courses en fonction des magasins à visiter, pour optimiser le trajet.

L’organisation des repas

Pour planifier ses repas, Béa ne fonctionne pas à partir de recettes mais sur le mode « j’ai ci et ça dans mes placards, comment je peux les marier de façon sympa ? ».

Astuce planification des repas :

  • Assigner chaque jour de la semaine à un type de plat (pâtes, légumineuses, tarte, soupe ou salade, poisson, restau et viandes).
  • Faire des rotations. Si certains ingrédients de base (farine, sucre, café…) sont constamment présent dans son garde manger, pour d’autres elle fonction sur un système de rotation pour varier les plaisirs sans en stocker des tonnes ce qui assure qu’on utilise effectivement les ingrédients dont on dispose plutôt que de les laisser prendre la poussière au fond des placards. Donc moins de gaspillage et plus de variété. Par exemple, elle change le type de légumineuses, de pâtes, de biscuits, de fruits secs…

La salle de bains, les produits de toilette et le bien-être

Visiblement, les cosmétiques et Béa Johnson s’est une grande histoire de (dés)amour puisqu’elle avoue avoir testé 22 recettes de mascara maison, 7 marques de shampoing solide et 6 marques de crème solaire, et avoir tenté toute sorte d’expériences et d’ingrédients sur son corps (miel, yaourt, oignon, pamplemousse, papaye…).

Elle a fini par limiter sa palette au strict minimum et fabrique aujourd’hui tous ses cosmétiques hormis une crème hydratante bio qui fait aussi protection solaire.

Parmi ses recettes :

  • Le blush : poudre de cacao, de caroube pour du marron ou de cannelle pour du orange ou de betterave pour du rose. On en choisit une ou on se fait un mélange en ajustant les proportions pour arriver à la bonne couleur.
  • Le khôl : cendres d’amandes brûlées tamisées et moulues
  • Mascara : cire d’abeille, beurre de noix de coco et khôl fondu dans une casserole, auxquels on ajoute du miel
  • Teinture : au-delà du henné, on peut utiliser des coques de noix bouillies dans de l’eau pour foncer, ou du curcuma pour teindre des mèches grises en blond

Dans la SDB, le « est ce que je le garde parce que tout le monde en a un » est particulièrement intéressant. On a beaucoup d’idées préconçues sur l’hygiène…et beaucoup d’entre elles émanent du fait qu’on nous a bien fait croire que certains produits étaient indispensables pour être propre. Par exemple, il semblerait que ce soit le brossage plus que le dentifrice qui fait la différence dans l’hygiène buccale. A chacun de trouver son équilibre bien sûr, mais tout ça pour dire qu’on peut aussi sortir des sentiers battus du socialement correct.  

La chambre à coucher et la garde-robe

Réduire ses vêtements permet un gain de temps le matin. D’autant qu’on a de toute façon tendance à porter toujours la même chose.

L’idée est d’opter pour une garde robe capsule composée de pièces confortable, dans lesquelles on se sent bien, qui nous favorisent et de préférence polyvalents et faciles à assortir.

Astuce pour une garde-robe capsule:

Des couleurs neutres pour les basiques, parce qu’on se lasse plus vite des imprimés et couleurs trop marquées et juste quelques pièces un peu plus peps.  Eviter les coupes trop bizarres, opter pour des pièces faciles à superposer et à matcher.

Astuces : fixez des journées shopping pour l’année (une journée pour le printemps été au début du printemps, une pour l’automne hiver au début de l’automne) et ne rien acheter en dehors. S’en tenir ces jours là à un nombre prédéfini de vêtements en fonction des besoins (un qui entre, un qui sort).

Qu’est ce qu’il y a dans la garde robe de Béa Johnson ?

Un chemisier, 2 t-shirts à manches longues, un bustier, 2 débardeurs, un pull épais, un pull léger, un cardigan, deux robes, deux pantalons, deux jupes, un short, un soutien gorge et sept culottes, trois paires de chaussettes, une paire de collants, un pyjama, un maillot de bain, un sac à main, deux chapeaux, une ceinture, une étole, des gants de cuir, un blazer, une veste en cuir, un pardessus, une paire de sandales à talons hauts, une paire de sandales plates, une paire de bottes, une d’escarpins, une de bottines et une de chaussons.  

Le ménage et l’entretien

Pour l’entretien de la maison, les placards des Johnson se limitent à trois ingrédients : le bicarbonate de soude, le vinaigre blanc et le savon de Marseille.  

Sa maison étant minimaliste, un grand ménage ne lui prend que 2h et une mise en ordre, 5mn.

Astuces : avoir toujours une boite ou un sac pour y mettre les choses à donner et désencombrer un peu chaque jour, au fil de l’eau.

Les enfants et l’école

Astuces rangement

ranger les jouets par catégorie dans des bacs transparents en les étiquetants. Pour chaque nouveau jouet acheté, donnez ou vendez en un. Pour vous procurer de nouveaux jouets, privilégiez l’occasion, les échanges. Demandez à votre famille et amis de limiter aussi les cadeaux en leur expliquant pourquoi.

Optez pour une garde robe minimaliste pour vos enfants également adaptée à la saison et aux activités.  

Recette de la Pâte à modeler :

240 grammes de farine 500 ml d’eau 1 cuillerée à soupe d’huile de cuisson végétale 1 cuillerée à café de crème de tartre 260 grammes de sel
Instructions 1. Mélangez tous les ingrédients dans une casserole. 2. Remuez sur feu moyen jusqu’à ce qu’une pâte se forme. 3. Faites refroidir et conservez dans un bocal.

Vous hésitez entre Zéro Déchet de Béa Johnson et Ze guide de la Famille (presque) Zéro Déchet ? Mon avis par ici.

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